Et oui ! Vous lisez bien, notre prochaine destination ne sera ni le Laos, ni le Cambodge ou le Vietnam, mais bien les Philippines ! Voilà l'un des avantages de voyager sans plan prédéfini, on peut changer de route à la dernière minute. Et du coup, trois jours avant de quitter Bangkok, la tête encore dans les îles, on a décidé de rejoindre les Philippines.
Et c'est plutôt marrant car on ne sait pas grand chose du pays, on a une vague idée de notre itinéraire, une vague idée des paysages et de la culture et finalement une très vague idée de ce qu'on va y découvrir. Une seule chose est sûre, c'est que l'on y est pour trois mois car le pays vaste, et que l'on va en prendre plein la trombine dans ce territoire composé de plus de 7000 îles.
Mais avant tout ça, c'est sur l'île de Luzon, dans les montagnes de la Cordillera que l'on débute avec un petit goût latino derrière tout ça. Alors on renfile les chaussettes et c'est parti !
CORDILLERA
Cordilleeeeeeeeera !
En entendant ce nom, on a envie de chevaucher dans la pampa tout en criant « hombre » aux côtés de Florent Pagny, mais calmons-nous, ça n'a rien à voir.
La Cordillera, c'est quoi ?
C'est toute la chaîne montagneuse au nord de Manille qui est réputée pour ses paysages, notamment les fameuses rizières, véritable œuvre d'art d'ingéniosité et de beauté.
Après une énième nuit dans le bus, on arrive à Sagada, première étape pour nous, qui va servir à tâter le pays. Fini les îles, on retrouve un peu de fraîcheur, et le premier contact avec le nord nous rappelle un peu le Sikkim. Les gens sont très gentils et gros gros plus, tout le monde parle anglais, et après la Thaïlande c'est plutôt cool de pouvoir communiquer avec n'importe qui, de se faire comprendre et de partager. Pour ça, les philippins sont top, ils taquinent, blaguent, on n'est pas loin d'avoir une relation quasi-normale, et on oublie rapidement notre étiquette de consommateur.
Mais revenons à nos rizières, et plus particulièrement à Sagada, où l'on verra, pour la première fois, à quoi ressemblent ces versants de montagnes complètement remodelés en champs de riz.
Un travail hallucinant datant de plus de 2000 ans, effectué par les ifuegos, une ancienne ethnie, qui ont littéralement façonné la région pour la culture du riz, et qui laisse là, de manière indélébile, une marque de leur savoir faire. Un savoir faire qui reste classé patrimoine mondiale de l'UNESCO, rien que ça monsieur ^^ Impressionnant, en effet !
Mais la vraie claque viendra de Batad, un petit village à l'est de Banaue, seulement accessible à pied ( prévoir une bonne heure de marche ) et qui offre carrément l'équivalent d'un amphithéâtre de champs de riz. On comprend très vite en arrivant sur les lieux pourquoi les philippins la surnomme la huitième merveille du monde. Vertigineux, titanesques, comme vous voudrez... Ces paysages et cette ambiance unique classent Batad comme un incontournable de Luzon.
Alors évidemment Luzon ce n'est pas que les rice terraces. Il y a aussi des grottes, notamment à Sagada avec sa « caves connection », qui propose de rentrer dans une grotte et de ressortir au bout de deux heures dans une autre, par l'intermédiaire de galeries souterraines, magnifique mélange de spéléologie et d'escalade. Bien fun !
On trouve aussi de magnifiques cascades, de belles balades pour admirer des cercueils suspendus, bref de quoi s'occuper. Parfaite étape pour marquer la transition avec la Thaïlande et s'imprégner de l'atmosphère du pays.
Maintenant qu'on est chauds, direction Manille.
MANILLE
Hop ! Manille, capitale du pays, voilà qui devrait nous mettre dans le bain définitivement. On ne raffole pas des grosses métropoles, mais à cause de cette foutue « holy week », on y sera restés plus d'une semaine.
Sincèrement Manille, ce n'est pas terrible, mis à part les alentours sympas, la ville en elle-même est sans grand intérêt. Mais cela nous aura permis de comprendre encore mieux à quoi on a affaire :
on sent l'influence latino, dans certains quartiers on se croirait carrément au Mexique entourés de gangs de chicanos, tatouages de Jésus sur tout le corps
on voit aussi la pauvreté dans les rues, depuis l'Inde on n'avait pas ressenti ça
sans être parano on sent également que c'est plus chaud, on n'a eu qu'une altercation, mais les armes sont présentes, la police est à chaque coin de rue et ça brasse beaucoup de gens. Personnellement, on adore mais soyons vigilants tout de même
et puis enfin, les gens sont géniaux, rien à redire, les locaux viennent te parler, aide et échange, on a juste envie parfois de se poser et rester papoter, super bon signe pour le reste du trip.
Mais Manille ce n'est pas que ça. Grâce à notre poto Darwin, un coréen rencontré dans le nord et vivant à Manille, on découvrira une autre facette de la ville, le côté un peu huppé : massages, restos classes, ou encore vidéo-karaoké bar, bien sympa !
Et puis, quitte à y être bloqués, autant aller voir ce qui se passe aux alentours.
First step, le lac Taal, un bien joli point d'eau avec un volcan au milieu. Après une grimpette d'une heure, on découvre le cratère impressionnant. Les roches fument encore et les couleurs de l'eau tournent au vert radioactif. On n'a pas tenté de se baigner, hein, faut pas déconner !
En tout cas, chouette point de vue qui précède une petite virée en barque pour les chutes de Pagsanjan, accessibles seulement en remontant une rivière située dans de magnifiques gorges ( big up à nos pagayeurs, rude boulot ). Il est même possible de passer derrière la cascade dans une cavité, ce que je vous laisse imaginer est plutôt carrément génial. Bien joué, c'est vraiment un bel endroit.
Voilà pour cette première approche des Philippines, on est bien, vraiment, et le fait d'y rester longtemps va nous permettre de découvrir le pays en long en large et en travers. Next step Bicol, avec une petite plongée au milieu des requins baleines si tout va bien, ça sent bon hein ? On vous dira tout bientôt.
Cheers
Bat & Alex